Transfert sur la côte (1911)

En 1911, la communauté se transportait un mille plus loin que le "campe à Gaudreault". On reconstruisait le monastère en pierres et en briques, d'après des plans plus modernes, et on refaisait sur le nouvel emplacement toutes les dépendances que l'on trouve alors dans les monastères les mieux organisés de l'époque: étables, écuries et autres bâtiments. Les travaux nécessitèrent beaucoup de sacrifices et de labeurs, mais Dom Pacôme trouva le moyen de tout mener à bonne fin, et la communauté de Mistassini, forte de ses trente moines, avec ses sept cents acres de terre défrichée, voyait devant elle un avenir souriant de prospérité.

Le monastère était désormais situé sur une haute esplanade constituant la base d'un triangle compris entre les rivières Mistassini et Mistassibi qui confondent leurs eaux à son sommet. Avec ses fenêtres nombreuses ainsi que des yeux clairs sur la vallée de la Mistassini, avec ses cordons de belles pierres qui du sol montent jusqu'au toit en allégeant la masse des briques rouges, cette bâtisse a superbe apparence et se détache plaisante et solide sur le fond sombre et mobile des bois.